Dura Lex

Dura Lex

Desilva, Bruce
En stock, expédié lundi En stock, expédié lundi 23,00 €
Dimanche 09 décembre 2018 5 étoiles

La loi est la même pour tous, que l’on soit un honnête citoyen ou un criminel diabolique. Lorsque Kwame Diggs est arrêté à la fin des années 80, sa culpabilité ne fait aucun doute. Ce jeune tueur en série, l’un des plus précoce de l’Histoire, a bien sauvagement assassiné deux femmes et trois petites filles, sans même avoir essayé de nettoyer ses empreintes, laissant de l’ADN partout. Aucun remords et un seul regret, celui d’avoir été capturé. Mais comme il était mineur lorsqu’il fut arrêté, et comme le veut le code pénal de Rhode Island, quelles soient les atrocités qu’il a commises, il devrait sortir de prison à sa majorité. Pourtant, il croupit toujours en cellule, sa peine ayant été prolongée pour avoir possédé de la drogue et agressé des gardiens.

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Radioscopie

Radioscopie

Chancel, Jacques
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 49,00 €
Dimanche 09 décembre 2018 5 étoiles

Chaque jour, depuis 1968 et pendant presque vingt-ans, Jacques Chancel a eu à sa table de France Inter, les personnes les plus emblématiques de son époque, qui n’est malheureusement plus tout à fait la nôtre. La liste de ses invités (3600 au total) a de quoi donner le tournis et faire rêver. Les éditeurs en ont choisi dix-neuf, parmi lesquels Isabelle Adjani, Claude Lévi-Strauss, Simone Signoret, François Truffaut, Marguerite Yourcenar, Yehudi Menuhin. Une grande partie de ces entretiens était déjà disponible en CD. Mais de les voir publiés noir sur blanc leur donne une autre dimension, permet le vagabondage et les allers et retours. La mise en page est classe et claire et à la fin de l’album, un petit cadeau nous attend : un CD comprenant onze Radioscopies dont celles d’André Malraux et de Luchino Visconti. Un régal à mettre sous le sapin.

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Ourse Et Loup

Ourse et loup

Daniel Salmieri/Gilb
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 15,90 €
Dimanche 09 décembre 2018 5 étoiles

Par une nuit de neige, une petite ourse et un jeune loup se promènent. Dans cet univers ouaté, ils sont étrangement seuls au monde, éloignés des leurs. Leur rencontre, alors inévitable, se produit ; et elle semble tout de suite évidente, naturelle. Après s’être observés attentivement, s’être questionnés sur leur chemin respectif, ils décident doucement de se mettre en marche, ensemble. Côte à côte – et l’illustrateur produit des images fortes, puisqu’on les voit tantôt rapprochés, leurs museaux se touchant presque, tantôt vus d’en haut, comme deux compagnons de voyage -, ils cheminent à travers la forêt hivernale, profitant simplement de l’instant présent. La neige qui tombe, et dont ils admirent les flocons – reproduits en plus grands -, les arbres humides dont ils reniflent l’écorce, et même un oiseau des neiges, l’Harfang, qu’ils laissent se reposer en silence. Sous la glace, épaisse et froide, ils contemplent une multitude de poissons endormis.

Une rencontre, une séparation, une seule histoire : dans cet album illustré et écrit par un seul, il fallait bien que les deux animaux se retrouvent après l’hiver, pour que leur curiosité primaire, leur émerveillement propre à la petite enfance, continuent. Privés de leur article indéfini, Ourse et Loup accèdent à la sphère intime : leurs dénominations deviennent leurs prénoms, confirmant ainsi l’attachement du lecteur. Leur naïveté, leur douceur, leur capacité d’observation pourront même engendrer une prise de conscience chez l’adulte. Construit de manière subtile - les deux animaux se ressemblent, de même que leurs motivations, leur manière d’appréhender l’autre et le monde, se rapprochent – ce beau livre laisse entendre les bruits de la nature… à qui sait l’écouter.

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Chokolov city / roman

Chokolov city / roman

De Jonathan Baranger
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 23,00 €
Dimanche 09 décembre 2018 5 étoiles

Voici un premier roman réjouissant dans lequel Jonathan Baranger invente tout un monde, celui de la diaspora bulgare new yorkaise au début du 20e siècle. Boutiquiers, libraire, bottier, vendeur de boutons de manchette, assureurs et banquiers gravitent autour d’une riche famille de la Sixième Avenue, les Chokolov.

Le pilier du livre et de la petite communauté bulgare est le libraire Monmouth Sibling, observateur, confident et mémoire vivante de ce quartier de l’East Side. Il prend sous son aile Bogdan Oblanov, un jeune homme qui entreprend de traduire en bulgare l’œuvre de Henry James par amour pour la belle Elaine Chokolov, fille du capitaine d’industrie. Si ses traductions relèvent davantage de la réécriture, elles sont pourtant spoliées par deux étudiants, dont le frère d’Elaine, qui y voient un canular lucratif. L’imposture est bien au cœur de ce roman, entre mauvais littérateurs et bons auteurs, artistes populaires et critique élitiste, théâtre abscons et posture intellectuelle, charlatans et génies (parfois mauvais) de l’ombre. Pas facile de se faire reconnaître d’un public de nouveaux riches que le mauvais goût n’épargne pas.
La grande affaire : la littérature
Les Bulgares de New York importent la littérature d’Europe de l’Est, la tradition du texte et de l’exégèse. Ici, on s’épuise sur les livres, on déchiffre, on écrit pour être publié, on réécrit, on traduit, on commente. Il y a un plaisir contagieux à raconter des histoires, dont les personnages sont eux-mêmes les narrateurs et les héros. Mais cette foi dans la capacité de l’art et de la littérature en particulier à transcender l’existence n’est pas sans péril ; lorsque l’art fige la vie, la folie ou la mort ne sont pas loin. De fait, la petite société est incapable de se régénérer, de se survivre, gardienne de ses morts et inapte à surmonter les désillusions. Roman original, fantastique à certains égards, énigmatique et ironique, « Chokolov City » rappelle la tradition du roman russe aussi bien que l’univers fitzgéraldien. A lire absolument !

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Ton histoire, mon histoire

Ton histoire, mon histoire

Palmen, Connie
En stock, expédié lundi En stock, expédié lundi 22,00 €
Dimanche 09 décembre 2018 5 étoiles

C'est une histoire dont on connaît déjà la fin, dramatique. A l'hiver 1956, un jeune poète, « rêveur buté », rencontre celle dont tout Cambridge parle : une étudiante américaine, brillante, solaire, en laquelle il reconnaît un double féminin. Coup de foudre. Quatre mois plus tard, le couple convole en justes noces vers la France, l'Espagne, puis les États-Unis, vivant d'amour et d'écriture, s'encourageant dans leur quête poétique respective. Mais derrière l'exubérance et l'ardeur de la jeune femme commencent à poindre les fantômes de son passé : une tentative de suicide, l'hôpital psychiatrique, la mort précoce du père, « tyran idolâtre », dont l'ombre plane bientôt au-dessus du couple qui s'étiole et finit par se séparer. Le 11 février 1963, à trente ans, Sylvia Plath s'allonge sur le sol de sa cuisine, la tête dans le four de la gazinière, et attend la fin.

Dès lors, « des torrents boueux de récits apocryphes, de faux témoignages, de ragots, d'affabulations » s'abattent sur le couple, devenu mythique, vouant aux gémonies celui qui reste : Ted Hughes, poète officiel de la Couronne d'Angleterre jusqu'à sa mort en 1998. « Elle était la sainte, la fragile, moi le traître et le méchant. » Ted Hughes reviendra peu sur le suicide de sa première épouse, et c'est dans ce silence que s'engouffre Connie Palmen qui, en choisissant d'adopter le point de vue du poète, s'impose l'audacieux défi de revisiter l'hagiographie officielle, sans juger, sans excuser ni condamner, mais en retraçant l'histoire d'une passion vouée dès ses prémices à la catastrophe. S'appuyant sur des éléments biographiques connus, s'appropriant les mythes et les thèmes inscrits dans l'œuvre de Hughes, l'auteure propose une saisissante immersion dans le quotidien du couple et la vie littéraire de l'époque, comme racontés par la voix du poète, sans intermédiaire. Loin des débats stériles entre partisans de Hughes et exégètes de l'œuvre de Plath, le lecteur découvre un homme sensible, amoureux d'une épouse ambitieuse, tourmentée par la peur de l'échec et des démons intérieurs dont il n'aura réussi à la sauver.
A l'image de la couverture française du roman, Connie Palmen nous invite de l'autre côté du miroir reflétant le couple emblématique qui, déjà, ne regarde plus dans une même direction, comme habité par l'œuvre à venir, et par l'inévitable séparation. Hanté par le compte-à-rebours fatal, le récit progresse avec fébrilité vers le dénouement connu, oscillant entre la douceur des jours heureux et les ténèbres qui, peu à peu, gagnent du terrain. Roman de l'envers des apparences, des dessous d'un mythe trop rapidement gravé dans le marbre, « Ton histoire. Mon histoire » explore avec brio l'une des formules chères à Ted Hughes : « odi atque amo », « j'aime et je hais », sentiment antithétique traversant le récit d'un bout à l'autre, réaffirmant que, dans cette histoire d'amour comme dans toute autre, la vérité n'est jamais une mais multiple.

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