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Yv

http://lyvres.over-blog.com/

Je lis, je lis, je lis, depuis longtemps. De tout, mais essentiellement des romans. Pas très original, mais peu de lectures "médiatiques". Mon vrai plaisir est de découvrir des auteurs et/ou des éditeurs peu connus et qui valent le coup.

Léonard Cohen, Sur un fil

Sur un fil

Casterman

20,00
par
23 mars 2021

Leonard Cohen (1934-2016), le poète canadien à la voix grave auteur de titres inoubliables : Hallelujah, Suzanne. Arrivé sur la scène musicale dans les années 50, il rencontrera les plus grands : Janis Joplin, Lou Reed, Phil Spector... Son parcours sera marqué par les excès, les périodes de doute quand le succès n'est pas au rendez-vous, la dépression, les rencontres féminines.

C'est une belle bande dessinée qui retrace la vie du poète, par touches, sauts dans le temps. Pas d'impasse sur les doutes, les engagements comme celui de chanter pour les troupes israéliennes en 1973 (qu'il regrettera, n'ayant pas pu chanter pour l'armée égyptienne), les escroqueries dont il fut la victime. Il faut connaître un peu la scène de l'époque pour s'y retrouver tout à fait même si les noms et les personnages qui apparaissent sont très célèbres : Lou Reed, Nico (du Velvet Underground), Joni Mitchel, John Cale...

Le dessin est clair, coloré et s'attarde sur les personnes et peu sur les paysages. Tout est basé sur les rencontres et le travail de l'artiste. Plutôt classique qui correspond parfaitement à Leonard Cohen, artiste discret et rare.

cicéron angledroit

Palémon

10,00
par
23 mars 2021

Cela commence fort par une double carbonisation de maisons et des enquêteurs, badauds et victimes qui n'y comprennent rien du tout. Puis, il y a comme un coup de mou, personne ne sachant vraiment ou chercher et Cicéron qui nous a habitué à des aventures extra-Vanessa s'est rangé perdant en frivolité ce qu'il gagne sans doute en profondeur. Bon, on n'est pas non plus dans Wallander ou un polar sérieux avec des flics dépressifs, non c'est même tout l'opposé, il faut lire Cicéron pour éviter ou lutter contre la dépression. Pour la gaudriole, René est toujours présent et sa moitié également :

"Un peu plus loin, dans le camion-ambulance des pompiers, Paulette, enveloppée dans une couverture de survie. Partiellement enveloppée car l'inventeur de ce type de couverture n'avait pas prévu un tel volume. Elle est choquée. Plus que nous encore. Une psychologue rame pour lui faire admettre que tout va bien. Elle a eu chaud au cul quand même. Et René, le beau René, en slibard noirci -peut-être par l'incendie, peut-être pas- qui déclare :

- Si j'm'étais pas l'vé pour chier, sûr qu'on serait cramés à c't'heure. Pourtant on fume pas au lit. Et pis merde, on n'était même pas au gaz de ville ! Ça doit être à cause de l'électricité statique, c'bordel !

Il est hagard et essaye de donner le change :

- Remarquez, ça lui aura fait l'maillot à Paulette. Pas du luxe dans un sens." (p. 20)

Et l'intrigue de rester obscure. Et les limiers dubitatifs. Il faudra bosser, éliminer les fausses pistes, éloigner René et sa Paulette relogés par la mairie. Puis, à la faveur d'un indice, l'ouverture enfin...

Moins burlesque que les tomes précédents, mais l'auteur avait prévenu il y a quelques livres. Tout aussi plaisant et divertissant. Une gouaille et une écriture joyeuses font qu'on ne s'ennuie pas un moment et qu'on resterait même un peu en compagnie de Cicé, René et Momo, l'adjoint de Cicé dans son officine de détectives, sans oublier le commissaire Saint Antoine, affectueusement surnommé pépère, et bien sûr Vanessa la flique-amante préférée de Cicé. Comme d'habitude, à peine quittée, on a hâte de retrouver la fine équipe.

Rue du Poirier de la Perdrix

Xavier Deutsch

Editions Lamiroy

1,99
par
23 mars 2021

Nouvelle parue dans la collection Opuscule et reçue par la poste, comme ce sera le cas pendant quelques mois avec mon abonnement.

Ce qui est bien avec ces nouvelles, c'est que l'on change d'auteur donc de style et de monde. Cette fois-ci, une époque indéterminée, un cortège mystérieux entre des villes et pour une mission qui ne le sont guère moins. Et l'on avance avec eux, doucement, jusqu'à ce coup de feu.

Une écriture, qui coule, qui décrit la lenteur de la marche, les paysages endormis sous la neige qui évoque sans s'appesantir : "Qu'est-ce qu'on avait ici ? Le groupe était compté : sept militaires et dix civils. Les civils venaient de Machebelle et Fompierre et ils avaient des valises et des souvenirs. Les souvenirs, ça ne pèse parfois pas lourd et, parfois, ça pèse lourd. Les militaires n'avaient pas de souvenirs. Ils remplissaient leur besogne. On leur disait de faire. C'était commode." (p.7)

C'est court. C'est beau. C'est parfois drôle ou décalé et d'autres fois, beaucoup moins. En quelques pages, Xavier Deutsch parvient à faire varier les sensations. Et je découvre avec ce texte ce romancier.

Tiroir central

Sophie Coiffier

Éditions de l'Attente

11,50
par
14 mars 2021

Recueil de chroniques, de nouvelles ou de courts textes, liés plus ou moins au rangement, au déménagement et à son corollaire l'emménagement.

J'aime beaucoup. Tout. L'idée d'aller fouiller dans les espaces, les endroits dans lesquels on entrepose, on amasse et en ressortir la photo ou le texte qui fait remonter des souvenirs, des sensations, des réflexions : "Tu feuillettes l'album renfermant la collection des images Nestlé de ton grand-père Jean, datant de 1927, avec un brin de nostalgie : la moitié des animaux répertoriés sont en syncope mais Nestlé est toujours debout. C'est même une des plus grosses industries agroalimentaires du monde. Et devine quoi ? Son logo est un nid. What else ?" (p.14). L'écriture parfois poétique, directe, sans fioriture et très belle. Parfois des textes rapides aux phrases courtes, sèches et d'autres qui prennent leur temps au fil de longues phrases, très ponctuées, avec des jeux de répétitions, d'allitérations...

Je ne sais plus qui disait que l'écrivaine n'a pas forcément une vie plus riche qu'un autre, mais qu'elle a le talent de la raconter. Ces textes de Sophie Coiffier en sont l'exemple parfait. Quasiment rien de ce qu'elle raconte n'est extraordinaire, je me suis même remémoré quelques souvenirs personnels très proches. Mais les ressemblances s'arrêtent ici, là où moi, je serais plat et sans saveur, elle sait intéresser et procurer un réel plaisir de lecture. Très beau texte d'une écrivaine que je découvre dans une maison d'édition découverte avec Le Syndrome Shéhérazade d'Eric Pessan et que je surveille depuis...

Le peintre hors-la-loi
par
14 mars 2021

Excellent album qui raconte, je m'empresse de le dévoiler, la vie d'un personnage ayant réellement existé et dont j'ignorais l'existence, le peintre Lazare Bruandet (1755-1804). C'est qu'il est romanesque à souhait, il fréquente les bas quartiers, s'enivre, se bat et préfère quitter la capitale pour se mettre au vert. Peu connu de son vivant, sauf sans doute pour ses frasques, il ne l'est pas beaucoup plus de nos jours, mais -je ne sais pas si c'est exact-, Frantz Duchazeau lui fait dire qu'il ne peint pas pour la postérité.

Le bédéiste reproduit formidablement l'époque, la violence, la folie du peintre. Le trait est parfois simplement esquissé notamment dans les souvenirs d'enfance. Lazare Bruandet n'est pas un personnage particulièrement sympathique (il a quand même, par accident certes, mais quand même, défenestré sa compagne qu'il soupçonnait d'adultère alors que lui ne s'en privait pas) mais lui et Frantz Duchazeau emportent tout sur leur passage et je n'ai pu m'empêcher de lire à toute vitesse cet album et de le reprendre pour savourer et ne rien en rater. Et comme de coutume avec ce genre de livres, je suis allé me renseigner sur la vie et l'oeuvre de Bruandet.