Avant que les ombres s'effacent  , ( Prix France Bleu . Prix Orange 2017 )
EAN13 : 9782848052151
ISBN :978-2-84805-215-1
Éditeur :Sabine Wespieser Éditeur
Date Parution :
Collection :Littérature
Nombre de pages :320
Dimensions : 19 x 14 x 1 cm
Poids : 322 g

Avant que les ombres s'effacent

( Prix France Bleu . Prix Orange 2017 )

Vendu par Librairie Banse (Fécamp 76400)

21.00€
En guise de prologue à cette fresque conduisant son protagoniste de Łódź, en Pologne, à Port-au-Prince, l’auteur rappelle le vote par l’État haïtien, en 1939, d’un décret-loi de naturalisation in absentia, qui a autorisé ses consulats à délivrer passeports et sauf-conduits à des centaines de Juifs, leur permettant ainsi d’échapper au nazisme.
Avant d’arriver à Port-au-Prince – à la faveur de ce décret – au début de l’automne 1939, le docteur Ruben Schwarzberg, né en 1913 dans une famille juive polonaise, a traversé bien des épreuves. Devenu un médecin réputé et le patriarche de trois générations d’Haïtiens, il a peu à peu tiré un trait sur son passé. Mais, quand Haïti est frappé par le séisme de janvier 2010 et que la petite-fille de sa défunte tante Ruth – partie s’installer en Palestine avant la deuxième guerre mondiale – accourt parmi les médecins et les secouristes du monde entier, il accepte de revenir pour elle sur son histoire familiale. Pendant toute une nuit, installé sous la véranda de sa maison dans les hauteurs de la capitale, le vieil homme déroule pour la jeune femme le récit des péripéties qui l’ont amené à Port-au-Prince. Au son lointain des tambours du vaudou, il raconte sa naissance en Pologne, son enfance et ses années d’études à Berlin, où son père Néhémiah avait déménagé son atelier de fourreur, la nuit de pogrom du 9 novembre 1938, au cours de laquelle lui et son père furent sauvés par l’ambassadeur d’Haïti. Son internement à Buchenwald ; sa libération grâce à un ancien professeur de médecine ; son embarquement sur le Saint Louis, un navire affrété pour transporter vers Cuba un millier de demandeurs d’asile et finalement refoulé vers l’Europe ; son arrivée, par hasard, dans le Paris de la fin des années 1930, où il est accueilli par la communauté haïtienne et, finalement, son départ vers sa nouvelle vie, muni d’un passeport haïtien : le docteur Schwarzberg les relate sans pathos, avec le calme, la distance et le sens de la dérision qui lui permirent sans doute, dans la catastrophe, de saisir les mains tendues. Fascinant périple, le roman de Louis-Philippe Dalembert rend également un hommage tendre et plein d’humour à sa terre natale, où nombre de victimes de l’histoire trouvèrent une seconde patrie.

Vidéo

Le 23 mai dernier, nous recevions à la librairie Le Merle moqueur Louis-Philippe Dalembert autour de son nouveau roman "Avant que les ombres s'effacent", paru chez Sabine Wespieser éditeur.

2 Commentaires 5 étoiles

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Commentaires des libraires

Terres d'accueil

5 étoiles

Par .

Partant d’un sujet tragique s’il en est, la Shoah, l’écrivain haïtien Louis-Philippe Dalembert anime son roman d’une force incroyablement optimiste, renouvelant le récit d’exil et découvrant un pan méconnu de l’histoire de son pays natal, l’un des premiers, par un décret-loi de 1939, à avoir octroyé la naturalisation immédiate aux Juifs qui le souhaitaient.

**Juifs errants**

Le docteur Ruben Schwarzberg vit en Haïti depuis 1939. Soixante-dix ans plus tard, il raconte son arrivé dans ce pays, après avoir été pourchassé par l’antisémitisme européen. Originaire de Lödz, en Pologne, la famille Schwarzberg est contrainte par la Grande Guerre d’émigrer à Berlin en 1918, où elle trouve provisoirement la paix, installe un atelier de fourrure prospère et mène une vie bourgeoise et soudée dans un immeuble de Charlottenburg. Salomé et son frère Ruben grandissent dans les Années folles entre l’école publique et la cuisine juive de leur grand-mère.

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Coup de coeur

5 étoiles

Par .

Gros coup de coeur de la rentrée 2017, sans aucune réserve. J'ai été emballée par la narration et le style de ce roman. Il y a un allant et une verdeur de langage qui emporte dans un mélange d'humour, d'auto-dérision et de chaleur humaine.
L'histoire est construite autour d'un fait historique. L'île de Haïti, fraîchement indépendante, propose en 1939 par un décret-loi, d'accueillir tous les juifs persécutés en Europe qui en feront la demande et de leur accorder la nationalité haïtienne.
Au début du roman, le Dr Ruben Schwarzberg, âgé de 95 ans, reçoit la visite en 2010 d'une petite-nièce Israëlienne, qu'il n'a jamais vue. Deborah est médecin elle aussi et fait partie d'une mission venue aider après le séisme dont tout le monde a le souvenir. C'est l'occasion de revenir enfin sur sa longue vie, démarrée en Pologne et bousculée par l'histoire avec un grand H.
Ruben est donc né en Pologne, dans une famille soudée, chaleureuse, aimante, haute en couleurs. Il connaîtra l'exil d'abord à Berlin, ensuite en France, puis Haïti. Il est impossible de résumer le foisonnement d'évènements qui jalonne la vie du Docteur, c'est la trajectoire qu'ont connu tant des siens persécutés, pourchassés, tués, indésirables à peu près partout.
Dans l'émission "La Grande librairie" l'auteur parle de trouver "un ton, une langue" et le grand plaisir de lecture se situe ici. Il l'a trouvé le ton et malgré la noirceur de l'histoire, c'est un côté flamboyant qui ressort le plus, dû aux rencontres, à l'amitié, aux moments de fêtes, à l'accueil spontané et sans chichis des Haïtiens. La description qui est faite de la population est bien loin du misérabilisme que l'on nous présente souvent, même si les points noirs ne sont pas occultés.
C'est tout ce que je demande à un roman : une histoire solide, appuyée sur un fond historique, qui ouvre sur d'autres horizons, des personnages que l'on a hâte de retrouver chaque soir et que l'on quitte à regret, une écriture qui m'a fait penser à un feu d'artifice, colorée, imagée, savoureuse. A noter, des personnages féminins puissants et essentiels dans le destin du Docteur.
A lire, sans hésitation.