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Virginie S. (Libraire)

Les lionnes

Seuil

27,00
26 août 2020

Les Lionnes, Lucy Ellmann

Les Lionnes, Lucy Ellmann, éditions Le Seuil

Lire "Les Lionnes", c'est se lancer dans une aventure inédite et réjouissante. C'est s'immerger dans le flux de pensée d'une femme au foyer, une américaine d'aujourd'hui qui a renoncé à sa carrière après plusieurs épreuves personnelles.

Dans son royaume, tandis que les mains sont occupées aux taches domestiques, les idées se succèdent et fusent, introduites par la locution "Le fait que...": l'Amérique de Trump, sa folie, ses excès, les hommes qui malmènent la planète par stupidité et avidité, les minorités menacées, les animaux qu'on maltraite, tous les maux contemporains qui heurtent et bouleversent la narratrice mêlés aux émotions, aux tracas du quotidiens, ordinaires, prosaïques voire totalement absurdes.

Pourtant, ce monologue intérieur n'est ni un exercice de style, ni une succession de phrases jetées sur le papier, Lucy Ellmann parvient à dégager un véritable fil narratif et le lecteur se découvre une empathie, un attachement, une sororité avec cette héroïne du quotidien.

Un récit magistral et réjouissant.

Là où chantent les écrevisses
30 mai 2020

Grand roman populaire de qualité qui nous tient en haleine de bout en bout, un hymne à la nature et aux valeurs essentielles

Toute sa vie Kya a vécu dans une cabane délabrée au fond des marais de Caroline du Nord. Abandonnée au fil du temps par les siens qui fuient un mari ou un père alcoolique et violent, elle se retrouve seule et livrée à elle-même à 10 ans, à charge pour elle de grandir et de se débrouiller seule. Rude apprentissage de la vie pour celle que les habitants de Barkley Cove appellent « la fille des marais ».
Isolée et ne pouvant compter que sur elle, Kya met à profit sa connaissance de la nature pour survivre, dans ce vaste terrain de jeu et d’apprentissage qui la protège à l’instar des bras maternels qui lui font défaut. Mais abandonnée par les uns et rejetée par les autres, la solitude pèse de plus en plus sur la jeune fille jusqu’à sa rencontre avec Tate, un jeune garçon doux et bienveillant qui lui apprend à lire. C’est désormais un univers nouveau qui s’offre à elle, infini et précieux. C’est également des sentiments inédits qui la traversent, l’amitié puis l’amour, rompant ainsi sa solitude mais l’exposant à d’autres tourments. Délia Owens est biologiste et zoologiste, elle a écrit ce premier roman à 70 ans. Vendu à des milliers d’exemplaires dans le monde, « Là où chantent les écrevisses » est un grand roman populaire de qualité qui nous tient en haleine de bout en bout, un hymne à la nature et aux valeurs essentielles.

Le rouge n'est plus une couleur, roman
30 mai 2020

Un texte puissant, poignant et sensible

C’est sur les bancs de l’université que Kate et Max se sont rencontrés. Très vite, leur complicité s’est muée en une amitié profonde. Kate qui a grandit seule aux côtés d’une mère qui lui est désormais étrangère découvre auprès de Max, une famille aisée et cultivée qui l’attire. Zara surtout (la mère de Max), une réalisatrice réputée, la fascine.
Kate est vite adoptée par cette bruyante tribu qui recèle pourtant bien des fragilités. Inséparables, les deux amis vont faire ensemble leurs premières expériences: les fêtes, l’alcool, la drogue, les voyages et les films qu’ils dévorent. Un appétit insatiable de vivre et d’expérimenter jusqu’à ce jour où le rouge n’est plus une couleur pour Kate car il est devenu le symbole, le fil qui la relie au viol dont elle a été victime. Pas un viol par un inconnu dans une sombre ruelle, mais un viol
bourgeois, dans une maison amie par un membre de la famille de Max. Un viol parce qu’elle a dit non et que ce non n’a pas été entendu, un viol qui sidère, brise l’élan d’une jeune femme et la propulse dans le silence.
Rosie Price, jeune prodige de la littérature britannique, restitue avec beaucoup de justesse et de subtilité la prison intime dans laquelle son héroïne est désormais recluse. Après le silence viendront quelques mots comme des indices semés çà et là, difficilement compréhensibles par l’extérieur, les scarifications et la violence qu’elle s’inflige pour expier. Un texte puissant, poignant et sensible, indéniablement un grand roman sur la mémoire traumatique servi par la traduction brillante de Jakuta Alikavazovic.

Nos espérances
22,00
14 mai 2020

Hannah, Cate et Lissa sont trois inséparables amies dans le Londres des années 90. Des idées et des projets plein la tête, les trois étudiantes envisagent l’avenir avec envie. Pour elles, la page est blanche, pleine de promesses.
Anna Hope tire et détricote les fils de ces destinées avec justesse et intelligence : les rêves, les espoirs, les certitudes et les fidélités successives de ces héroïnes qui imaginent et bâtissent leur vie pas à pas. Au fil du temps, pourtant, la réalité a rebattu les cartes et s’est montrée moins docile, moins malléable que prévu plaçant les jeunes femmes face à leurs réalisations, mais aussi leurs renoncements, leurs manquements et leurs égarements.
Anna Hope reprend un thème maintes fois déroulé en littérature. Sous sa plume pourtant, l’histoire de ces femmes prend une dimension et une saveur inédite. On retrouve, comme dans ses textes précédents, sa capacité à parler des vies de femmes avec générosité, humanité et un grand sens du romanesque. A découvrir dès que possible…

Les falaises
14 mai 2020

V. revient dans la maison familiale en Gaspésie après plusieurs années d’absence et plusieurs rendez-vous manqués avec les siens. Sa mère est morte, suicidée, rejetée
par le fleuve Saint Laurent. Il faut désormais vider la maison, classer les souvenirs, affronter les fantômes et accepter l’héritage d’une lignée de femmes fantasques.
Commence pour la narratrice un voyage longtemps différé entre la Gaspésie et l’Islande dans les pas des femmes de sa vie, sa mère et sa grand-mère. Trois générations qui
s’interpellent du bord de leur abîme.
Pour V, il faut renouer le fil qui l’unit à ces femmes, se (re)connecter à l’origine de l’histoire familiale, accueillir les émotions enfouies, pardonner, accepter pour avancer.
Virginie DeChamplain a su faire de ce périple intime une odyssée universelle. Elle parvient à donner une couleur inédite au thème de la filiation douloureuse . Ce
récit, écrit sur le fil du rasoir, est traversé par une énergie brute, mais la tension est apaisée par des passages d’une grande poésie, véritables respirations.
Un texte hypnotique qui se lit en apnée.